Paru sur le site web de la mairie de Saint-Etienne du Rouvray, le 18 décembre 2009

Vendredi 18 décembre 2009 // CDLF Rouen

À la une | 18/12/2009

Conseil municipal : un budget de résistance

Le conseil municipal est une assemblée riche en débats démocratiques. Pour ceux qui l’oublient, ou l’ignorent, la séance du 17 décembre 2009 tombe à point pour rappeler le rôle de l’assemblée communale, à l’heure où tant d’incertitudes pèsent sur la place et le rôle des collectivités locales. Avec 61 délibérations au menu, il y avait de quoi faire pour les quatre groupes d’élus au conseil.

Premier débat d’ampleur au détour d’une délibération qui prévoit l’acquisition d’un terrain près du centre hospitalier du Rouvray. Si la délibération mentionne exclusivement l’achat du terrain, le débat a rapidement porté sur la création d’une unité pour malades difficiles (UMD) au sein du centre hospitalier spécialisé du Rouvray, espace fermé et sécurisé.

Bien que le maire ne soit pas partie prenante du projet qui relève de la politique du CHSR, une délégation du Comité pour la défense des libertés fondamentales attendait devant la salle des séances et remettait un tract aux conseillers et au public. Pour ce comité qui regroupe syndicats et partis politiques de gauche à l’exception du PC, du PS et du parti de gauche, "la création de l’UMD relève d’une conception sécuritaire de la psychiatrie et de la politique de la peur menée par Nicolas Sarkozy." Le représentant de la délégation, Yvon Miossec, a pu s’exprimer devant le conseil le temps d’une suspension de séance : "nous craignons qu’à force de tolérance zéro, risque zéro, immigration zéro, on atteigne bientôt le degré zéro de notre humanité".

Pour l’élu UMP Serge Cros, "le gouvernement prend des dispositions pour protéger la population, ce n’est pas indigne mais votre intervention est insupportable".

Michèle Ernis élue droit de cité 100 % à gauche, voit en "l’achat de terrain de la ville, une contrepartie vis-à-vis de la l’UMD. Une question éthique nous est posée", souligne la conseillère qui soumet un vœu (rejeté) à l’assemblée reprenant l’esprit de l’intervention du comité. Elle propose de refuser l’implantation de l’UMD.

Pour le maire-adjoint socialiste David Fontaine, "la construction de l’UMD pourrait être une bonne nouvelle, mais Nicolas Sarkozy l’a inscrite dans une dimension sécuritaire. En même temps, c’est un projet de longue date, l’État octroie un équipement à hôpital qu’il serait dommageable de refuser, même s’il faut déplorer le manque de moyen scandaleux de l’hôpital". Philippe Schapman, conseiller délégué socialiste, appelle à ne pas caricaturer : "dans les UMD, il y a des soignants, pas des matons et des patients qui sont en traitement, dans un parcours de soin." Même position pour le conseiller communiste Didier Quint "l’UMD correspond à un véritable besoin".

Le maire Hubert Wulfranc, souligne que" le débat sur la démence et l’aliénation renvoie à des questions éthiques fondamentales, comme en d’autres temps les débats sur la suppression de la peine de mort ou le droit des femmes à disposer de leur corps et la légalisation de l’avortement". Mais l’élu constate que "le débat sur l’aliénation ne traverse pas le corps social et n’est pas porté par des voix comme naguère Robert Badinter et Simone Veil". Il regrette que le débat n’ait pas lieu dans la société et ne soit pas porté devant le conseil d’administration du CHSR, sur un projet imposé par l’État. Dans ce contexte, il assume donc ses décisions d’achat de terrain dans l’intérêt de la commune pour répondre à des besoins de logements.

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