Appel des 39 La nuit sécuritaire
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Vous êtes plus de 15.000 à soutenir le texte « La nuit sécuritaire ».
Les « 39 » qui ont été à l’origine de cet appel se sont réunis le 9 janvier pour envisager les suites possibles de ce mouvement de protestation dont l’ampleur nous conforte dans notre engagement. L’écho médiatique donné à notre initiative est remarquable et témoigne de son impact dans la société : la révolte des soignants, fondée sur leur pratique et leur expérience, pose la question de la place de la folie dans la culture, c’est-à-dire celle de la manière de vivre ensemble.
Les paroles de peur et de haine, l’amalgame entre maladie et criminalité par l’exploitation éhontée de faits divers, ont cette fois été massivement dénoncés. Ce refus déterminé de soignants a été positivement ressenti par beaucoup. D’où le faux recul du pompier pyromane rapporté par des « représentants choisis » reçus à l’Elysée.
Il s’agit d’un leurre qui n’entame pas l’engagement de notre collectif. Celui-ci est composé de personnalités qui, quel que soit leur statut ou leur mode d’exercice, ne peuvent plus tolérer la dégradation et la mise en cause de leur travail. C’est ce qui étaye notre refus.
Il faut retrouver des espaces de paroles, d’échanges, de pensée partagée, d’où doivent sortir des actes. Aujourd’hui, dans de nombreux appels, il est question de refus d’obéissance.
Faudrait-il que nous entrions en résistance par la désobéissance civile ?
Ne s’agit-il pas pour nous :
• De refuser la logique sécuritaire ;
• De refuser l’absence de formation digne de ce nom et qui met en avant le symptomatique et le court terme ;
• De refuser la nouvelle gouvernance du type management d’entreprise, délibérément négatrice de l’accueil, de la temporalité et de l’écoute, bases du soin, dont la loi « hôpital, patient, santé, territoire » serait prochainement la forme achevée.
• De dénoncer l’insistance sur les mesures de contention considérées comme discrétionnaires, systématiques, banalisées, supplétives aux moyens humains.
• De refuser une « obligation de soin » qui est en fait un traitement obligatoire négateur de la personne et de ses droits humains, jusqu’au domicile et avec géolocalisation.
• De souligner auprès des usagers les atteintes aux soins de qualité et au respect de la dignité des personnes, soignés comme soignants.
C’est pourquoi il faut d’évidence poursuivre et amplifier notre mouvement.
C’est pourquoi, il nous a semblé que la meilleure manière de prolonger dans un premier temps notre mouvement est de nous donner un premier temps d’échange, afin de mettre en commun nos analyses et nos déterminations, et faire émerger d’autres formes, d’autres propositions pour soutenir et amplifier cette dynamique.
Cette rencontre a été proposée le Samedi 7 février 2009 à 14 heures